L’anorexie mentale est l’un des troubles des conduites alimentaires (TCA). Elle se manifeste notamment par une préoccupation très forte de l’apparence, qui entraîne des restrictions alimentaires drastiques. Les sujets qui souffrent de ces troubles sont surtout des adolescentes, même s’il y a de plus en plus de garçons et d’adultes.

Avant tout l’anorexie mentale est le désir de contrôle de soi et de ses émotions souvent trop fortes. La mode et les phénomènes d’imitations entre adolescents sont souvent incriminés, mais ils restent difficiles à isoler de l’histoire du sujet qui souffre de son environnement familial et d’événements de vie déclenchants.

L’enfance et les dictats du moment

Je n’étais pas sur de vouloir parler de l’anorexie et de mon vécu.
Après avoir lu beaucoup d’ouvrages, vu beaucoup de documentaires et témoignages à ce sujet, je trouve mon cas léger.
Mais après avoir bien réfléchi, je me dis que tous les récits sont bons à prendre, et que si l’on peut prendre conscience du problème le plus tôt possible, la guérison n’est que plus rapide.

Du plus loin que je m’en souvienne, j’étais une enfant que l’on peut catégoriser comme garçon manqué. Je trainais avec des garçons dans la cour de récré, je jouais au foot, au basket…
Les filles m’ennuyaient à dire vrai, pour moi, c’était des chichis, des histoires, en bref rien de bien glorieux.
Le temps que je n’étais pas formée, cela ne posait aucun problème ou malentendu à n’être qu’avec des garçons et ça m’allait très bien.

Dans les années 90, les standards de beauté étaient les mannequins, très fines, longilignes et même filiformes. C’était intégré dans mon esprit, moins de forme était signe de LA beauté, ni plus ni moins.

Durant l’enfance j’ai toujours été normale à fine, j’entendais même des phrases très sympathiques comme « tu es une planche à pain », « tu peux passer derrière une affiche sans la décoller ». En toute honnêteté je n’ai jamais mal pris ce genre « d attaques », ça me confirmait que je collais au dictat de l’époque.

anorexie mentale le déclencheur

L anorexie mentale, le déclencheur

A l’âge de 8 ans, j’ai rencontré une fille qui allait devenir ma meilleure amie. Nous avons été pendant 4 ans dans la même classe, jusqu’au jour ou ses parents ont du déménager. Changement de département donc changement de collège.
En fin d’année scolaire, j’ai appris que ma rentrée en 4ème se ferait sans mon amie, ma confidente ça a été un vrai choc.

Durant cet été là, mes troubles du comportement alimentaire se sont déclarés. J’ai voulu contrôler mon corps, mon esprit, mon apparence puisque je ne pouvais contrôler ce qui se passait.

Progressivement je me suis mis à manger de moins en moins. Pour arriver à n’ingérer qu’une pomme et une tomate dans la journée. J’étais fière de réussir à gérer ce pan de ma vie.

C’est d’ailleurs à cette période que j’ai fait mon fameux malaise qui m’a valu un nez cassé. Mon corps était tellement affaibli, qu’une promenade en plein soleil avec mon amie a suffit pour que je m’écroule.
Je lisais des autobiographies à cette époque d’adolescents qui souffraient d’anorexie mentale entre autre. Tout comme je regardais des témoignages dans les émissions de Jean-Luc Delarue.
Ce qui m’effrayait le plus était la perte possible des dents et des cheveux, bien avant les risques sur la santé. Vive l’adolescence. 

Le chantage

C’est lors d’une hospitalisation (pour un tout autre problème) dans une unité pour ado, que le personnel soignant m’a posé un ultimatum.

Si je voulais sortir de ces 4 murs, il allait falloir que je me remette à manger. Pas prendre du poids mais juste m’alimenter.
Les hôpitaux n’étaient pas un lieu que j’affectionnais particulièrement alors j’ai du faire quelques efforts.
J’ai commencé par tricher, en coupant en petits morceaux les aliments, mais bon je ne dupais personne.
Puis je me suis forcée, mon objectif était de sortir de là au plus vite. Ca a été chose faite assez rapidement.
Je n’affectionnais toujours pas la nourriture mais je faisais de mon mieux pour ne pas me faire hospitaliser pour cette raison là.

l anorexie mentale le corps

L anorexie mentale, quand le corps se forme

J’ai mis beaucoup de temps à me former. Quand ce fut le cas, je l’ai mal vécu, cela signifiait que mes rapports avec mes amIs risquaient de changer et je ne voulais pas être vu comme une petite copine éventuelle.
Le contrôle fut de retour, les habits 2 fois trop grands ont fait leur apparition pour me dissimuler au mieux. J’ai pris beaucoup de poitrine à cette période et voir que mes copains ne me regardaient plus dans les yeux étaient comme une trahison.

Camouflage était le mot d’ordre de ma garde-robe, et je faisais attention à ce que je mangeais.
J’ai eu des périodes où je comptais mes calories et le verdict était clair, je n’étais pas réellement guérie.
Mais en guérit-on vraiment? De manière définitive? Un rapport malsain avec la nourriture est compliqué à soigner.

Si je mangeais 3 gâteaux, je qualifiais cela de crise de boulimie. Il y avait une disproportion assez importante entre ce que j’ingérais et ce que mon cerveau traduisait.
Je crois même avoir fait de la dysmorphophobie, car les personnes qui m’entouraient me voyaient mince, quand moi je me voyais comme « normale ».

La balance a été pendant quelques mois ma meilleure « amie », je me pesais tous les jours, pour voir si je me maintenais au poids que je m’étais fixée. C’était obsessionnel, je m’en rends encore plus compte et relatant toute cette période.

Et maintenant?

Depuis j’ai eu 2 enfants et quand on devient parent, tout change. Fini de ne penser qu’à soi, on devient responsable d’autrui. C’était donc inimaginable que je mette mes jours en danger ou que je sois hospitalisée et donc séparée d’eux. 
Il a donc fallu que je me mette du plomb dans la tête et arrête mes bêtises. Ce fut le seul et unique déclic qui a eu un réel impact sur ma gestion de l’anorexie mentale.

Dorénavant je refuse qu’il y ait une balance chez moi, car quand j’en possède une, je suis tentée de me peser alors que franchement le chiffre n’a plus la même signification, mais les anciens réflexes refont vite surface.

Ma priorité est d’être bien dans mon corps et à l’aise dans mes fringues, ni plus ni moins.
Je pense ne pas réussir à me voir comme les autres me perçoivent ou bien nous n’avons pas les mêmes références, je ne sais pas trop. 

Sur la nourriture, je mange sainement, car je déteste le gras, la friture… Donc mon alimentation me convient parfaitement, je mange également ce que j’aime sans me préoccuper des calories ou si cela fait grossir.

Car j’ai appris quel était mon métabolisme et je n’ai pas à me plaindre, mon poids reste inchangé depuis 15 ans.

Parfois je perçois quelques alertes, quand je ne vais pas bien, que je suis tracassée, je ne réussis plus à m’alimenter et il m’est difficile de remettre la machine en route. Mais je sais que cela ne résulte pas de mon envie de contrôler mon apparence ce qui rassurant. 

Avec le recul des années, je pense qu’il faut que je fasse attention car une rechute pourrait vite survenir. Cela ne serait pas volontaire, mais se ferait sournoisement, une mauvaise période qui traine dans le temps et revenir à une alimentation normale serait très long.

Alors guérit-on véritablement un jour? Je n’ai toujours pas la réponse à ce jour.
Mais s’en sortir 5 ans, 10 ans même 30 ans, je pense que oui. Il faut une volonté de fer, un détermination sans faille et restez vigilant.

                         Avez-vous souffert d'anorexie mentale?

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